Retour à vide : Fils-Aimé rentre des États-Unis sans accord, avec une liste de noms et de promesses creuses « made in USA »

Parti le 19 avril dans un contexte national explosif, le Premier ministre de facto et contesté, pourtant adoubé par Washington, est rentré ce 24 avril 2026 avec un bilan qui frôle l’indigence politique.

Derrière le vernis des « rencontres de haut niveau », un constat s’impose : beaucoup de rencontres, beaucoup de discours… mais aucun accord concret, aucun document signé, aucun financement annoncé, aucun engagement ferme arraché, aucune avancée mesurable pour un pays en crise.

Au Salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture, Alix Didier Fils-Aimé a déroulé un discours bien huilé, évoquant ses échanges avec la Banque mondiale, le FMI, la BID, les autorités américaines, l’OEA et même le Conseil de sécurité de l’ONU. Le chef du gouvernement de facto cite Antonio Guterres, Albert Ramdin et Marco Rubio comme gages de soutien. Mais derrière cette accumulation de noms et d’institutions, qu’a-t-il réellement obtenu pour Haïti, concrètement ?

Zéro signature, zéro engagement, zéro résultat

Aucun protocole d’accord. Aucun mémorandum. Aucun calendrier. Pas même une annonce concrète pouvant justifier un déplacement présenté comme crucial. Le Premier ministre de facto parle d’« échanges constructifs » et de « discussions stratégiques », mais ne produit aucune trace tangible de ces prétendus progrès.

Sur le plan économique, le PM contesté insiste sur un « changement de paradigme » basé sur la création d’emplois comme réponse à l’insécurité. Il promet des investissements, des projets d’énergie solaire et de fibre optique. Une idée largement partagée, mais qui, sans mécanisme concret, reste au stade de slogan. Où sont les projets validés ? Où sont les financements débloqués ? Où sont les partenariats formalisés ?

Sur la sécurité, même flou : il évoque des discussions sur un déploiement complet de la Force de Répression des Gangs (FRG) et un soutien international. Pourtant, aucune annonce tangible n’a été faite. Pas de renforcement immédiat des capacités, pas d’engagement public formel des partenaires, pas de feuille de route claire. Haïti continue d’attendre, pendant que les gangs consolident leur emprise sur le territoire et que l’État reste absent sur le terrain.

Une tournée pour se légitimer, pas pour agir

Le chef du gouvernement de facto met en avant le soutien des États-Unis et de l’OEA, mais ce soutien reste politique et déclaratif. Aucune décision concrète n’a été rendue publique à l’issue de ces rencontres.

Dans un pays où sa légitimité est contestée, ce voyage apparaît comme une quête de reconnaissance internationale plus qu’une recherche de solutions. Le soutien affiché par Washington et ses relais diplomatiques tient davantage de l’adoubement politique que d’un engagement opérationnel.

Les rencontres avec des membres du Congrès américain, notamment Gregory F. Murphy, Brian Mast, Mario Díaz-Balart, Raphael Warnock et Chuck Schumer, sont brandies comme des succès. Mais là encore, aucune avancée concrète, notamment sur le dossier du TPS favorable à des milliers d’Haïtiens risquant l’expulsion des États-Unis.

Le peuple abandonné, le pouvoir en représentation

Alors que le pays s’enfonce dans l’insécurité, que les institutions vacillent et que la population survit dans l’urgence, le Premier ministre de facto revient avec des slogans : « emplois », « investissements », « stabilité ». Des mots répétés, martelés, mais vidés de leur substance par l’absence totale d’actions concrètes. Ce déplacement, présenté comme décisif, révèle en réalité une gouvernance en panne : beaucoup de discours, aucune livraison.

Une diplomatie de palabres pendant que le pays sombre

Le contraste est saisissant. D’un côté, des salles feutrées à Washington, des poignées de main et des photos protocolaires. De l’autre, un pays livré à l’insécurité, à l’incertitude et à l’attente.

En rentrant sans le moindre accord signé, Alix Didier Fils-Aimé envoie un signal inquiétant : Haïti continue de naviguer à vue, suspendue à des promesses extérieures qui ne se matérialisent jamais.

La question n’est plus de savoir ce qui a été dit, mais ce qui a été obtenu. Et la réponse, pour l’instant, est sans appel : rien.

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