Dans le Nord d’Haïti, l’accès à l’éducation se transforme en épreuve mortelle. À Pilate, des enfants défient chaque jour une rivière souvent en crue pour aller en classe, révélant une faillite flagrante de l’État face à l’urgence.
Dans la commune de Pilate, la réalité est brutale. Des enfants, parfois très jeunes, cartables au dos ou serrant leurs cahiers contre eux, sont contraints de traverser une rivière souvent en crue, avançant à tâtons entre le courant et l’instabilité, au risque d’être emportés à tout instant. Ici, apprendre ne commence pas en salle de classe, mais dans l’eau, au prix de la peur et du danger.
Chaque traversée est un pari avec la mort. Un faux pas, une montée soudaine des eaux, et le drame peut frapper sans prévenir. Pourtant, rien n’est fait. Aucune passerelle, aucun aménagement, aucune présence de l’État. L’abandon est total. Les autorités regardent ailleurs pendant que des enfants jouent leur vie pour un droit fondamental.
Combien de tragédies faudra-t-il pour agir ? Combien de vies devront être sacrifiées avant qu’une simple passerelle soit construite ? À Pilate, l’éducation est devenue un parcours de survie. L’urgence n’est plus à constater, elle est à agir immédiatement. Chaque jour de silence est une prise de risque de trop.
