À l’approche des élections d’août 2026, selon le calendrier du CEP, le processus électoral en Haïti vacille sous le poids de l’insécurité. Le nombre de centres de vote évalués recule, révélant une réalité inquiétante : des territoires entiers échappent désormais au contrôle de l’État.
Sur les 1 534 centres de vote initialement prévus pour être évalués, seuls 1 277 restent aujourd’hui envisageables pour l’organisation du scrutin, contre 1 309 centres précédemment recensés comme potentiellement exploitables, selon une source du CEP jointe par O-News 1ère. En quelques semaines, des dizaines de centres ont basculé hors de portée, conséquence directe de l’expansion des groupes armés qui imposent leur loi sur le terrain.
Depuis mars, la progression des gangs redessine brutalement la géographie électorale. Des zones autrefois accessibles deviennent impraticables, bloquant toute évaluation ou installation logistique. Derrière cette dynamique, une question s’impose avec insistance : assiste-t-on à une simple dégradation sécuritaire… ou à une stratégie visant à étouffer le processus électoral ?
Entre territoires perdus et incertitudes grandissantes, l’équation devient explosive. Organiser des élections crédibles dans un pays fragmenté par la violence semble de plus en plus compromis. À mesure que les centres disparaissent, c’est la crédibilité même du scrutin qui vacille.
