Devenu une habitude, Sunrise suspend ses vols à Port-au-Prince — l’insécurité comme prétexte

Nouvelle suspension des vols de Sunrise Airways vers Port-au-Prince, à partir de ce lundi 20 avril. Officiellement liée à l’insécurité, la décision déclenche une colère croissante : une compagnie haïtienne dominante qui se retire à répétition, pendant que les usagers paient la facture.

Sunrise Airways déserte l’aéroport de Port-au-Prince en invoquant la situation sécuritaire. Un argument devenu réflexe, qui contraste avec les discours officiels d’amélioration et, surtout, avec la réalité vécue par des passagers laissés sans solution. À chaque crise, le même scénario : vols stoppés, billets bloqués, et silence sur les alternatives.

Cette posture répétée interroge. Philippe Bayard défend depuis des années une lecture restrictive du marché haïtien, affirmant encore en juillet 2025 qu’une compagnie étrangère ne pouvait opérer certaines liaisons sans être américaine ou haïtienne. Pourtant, le 3 mars 2026, Sunrise a ouvert une route entre Saint-Domingue et Antigua — preuve que les règles invoquées à Port-au-Prince s’assouplissent ailleurs. À géométrie variable.

Dans un marché déjà étouffé, cette stratégie renforce un déséquilibre profond. Peu de concurrence, des tarifs élevés, un service décrié : les usagers n’ont presque aucune échappatoire. Et pendant que la compagnie ajuste ses opérations selon ses intérêts, une question s’impose : qui protège les voyageurs haïtiens face à un acteur qui suspend, reprend, puis suspend encore — sans véritable redevabilité ?

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