Haïti sous tutelle ? Marco Rubio adoube Fils-Aimé et impose la feuille de route sécuritaire de Washington

Rencontre hautement politique à Washington. Le secrétaire d’État américain affiche un soutien appuyé au Premier ministre de facto Alix Fils-Aimé. Derrière les mots de « stabilité » et de « sécurité », une influence assumée qui interroge sur la souveraineté et l’avenir des élections en Haïti.

Le 21 avril 2026, Marco Rubio a reçu Alix Fils-Aimé au département d’État américain pour réaffirmer, selon l’ambassade des États-Unis, l’engagement de Washington en faveur de la stabilité d’Haïti. Un appui sans ambiguïté à un chef de gouvernement contesté, perçu par ses détracteurs comme une légitimation politique venue de l’extérieur, au moment même où l’État haïtien peine à reprendre le contrôle de larges portions du territoire.

Le secrétaire d’État s’est félicité des « progrès » dans le déploiement de la force de lutte contre les gangs et a insisté sur l’accélération de son mandat. Un discours optimiste qui tranche avec la réalité du terrain, où les groupes armés continuent d’étendre leur emprise. En saluant le « leadership » de Fils-Aimé, Washington envoie un signal clair : le maintien du cap sécuritaire prime, quitte à ignorer les critiques internes.

Au cœur des échanges, l’enjeu électoral reste conditionné à une amélioration de la sécurité — un préalable qui repousse de facto toute échéance concrète. Marco Rubio a aussi confirmé le soutien aux programmes HOPE/HELP, piliers économiques liés aux intérêts américains. Entre aide stratégique et influence politique, une question s’impose : Haïti décide-t-elle encore seule de son avenir, ou suit-elle une feuille de route dictée de l’extérieur ?

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