Après environ 15 jours de tensions internes et de signaux de fronde au sein des rangs, la Police nationale d’Haïti (PNH) a finalement cédé. Les quatre policiers de la BI, placés en isolement disciplinaire à la mi-avril, ont été libérés ce mardi matin.
Tout avait commencé par une mise à l’écart brutale. Le 14 avril 2026, dans un contexte déjà inflammable, quatre agents de la Brigade d’intervention (BI) du commissariat de Port-au-Prince sont placés en isolement par la hiérarchie policière. Officiellement, une mesure disciplinaire. Officieusement, une décision qui passe mal dans les rangs.
Très vite, la tension monte. Messages de soutien, mécontentement diffus, colère contenue : au sein de la PNH, le malaise s’installe. En silence, mais avec insistance, une partie de la base conteste la méthode et s’interroge sur les motivations réelles de cette sanction. Lundi 27 avril, le climat devient électrique : routes barricadées, pneus enflammés, tirs nourris.
Puis, ce mardi matin, retournement. Les quatre policiers Serge Édouard Muscardin, Oberde Joseph, Ricardo Anglade et Nexbertso Déjean sont libérés. L’information a été confirmée à O-News 1ère par l’un d’entre eux.

Mais derrière cette libération, rien n’est réglé. « Nous restons sous mesure conservatoire, pendant que l’enquête suit son cours », a-t-il souligné sous couvert d’anonymat. Une manière pour le commandement de reprendre la main sans totalement céder sur le fond [NDLR].
À ce stade, le flou est total. Aucune communication claire de l’Inspection générale de la PNH (IGPNH). Aucune garantie de réintégration. « Maintenant, nous ignorons notre sort », craint déjà le jeune policier dans la vingtaine. Entre suspension déguisée et retour incertain, leur avenir reste suspendu à une décision administrative encore invisible.
Cette affaire laisse des traces. Car le responsable de la Direction départementale de l’Ouest-1 (DDO-1) de la PNH, le commissaire divisionnaire Yvon Cantave, a été accusé par des proches des 4 policiers d’abus d’autorité. Une chose est sûre : la fracture est là. Et elle ne se refermera pas avec une simple libération.
