Face à l’abandon du patrimoine national, le gouvernement de facto brandit la carte militaire. Une annonce choc qui soulève chez des observateurs avisés une question pertinente : protéger ou détourner l’attention ?
Sous les regards des autorités, les forts Jacques et Alexandre continuent de se dégrader. En visite sur ces sites symboliques, le jeudi 23 avril 2026, le ministre de la Culture, Dr Emmanuel Ménard, accompagné du ministre de la Défense, Mario Andrésol, et de la directrice générale a.i., Stéphanie St-Louis, a évoqué la création d’une Brigade de Garde d’Honneur. Une réponse qui arrive tard, après des années de négligence.
Le projet de déployer les Forces armées d’Haïti (FADH) pour protéger ces sites historiques est présenté comme une solution. Mais pour de nombreux observateurs, il s’agit surtout d’un aveu d’impuissance. Où étaient les politiques de conservation ? Où sont les investissements, les restaurations, les plans concrets pour sauver ce patrimoine en péril ?
À défaut d’une vision claire, le gouvernement semble improviser dans l’urgence. Militariser des sites culturels suffira-t-il à stopper leur dégradation ? Ou s’agit-il d’une manœuvre pour masquer une gestion défaillante ? Pendant que les annonces se multiplient, le patrimoine, lui, continue de s’effondrer.
