Soutenu par Washington mais de plus en plus contesté dans le pays, le pouvoir de facto dirigé par Alix Didier Fils-Aimé s’apprêterait à adopter en force un décret électoral explosif de 392 articles, malgré les vives inquiétudes autour du contrôle du CEP et des futures élections.
Selon des informations recueillies par O-News 1ère auprès d’une source très bien informée de la Primature, le gouvernement de facto prévoirait d’adopter le nouveau décret électoral dès le prochain Conseil des ministres prévu ce mercredi, sans même retransmettre le texte au Conseil électoral provisoire (CEP) pour révision finale. Une décision qui alimente les accusations d’un passage en force orchestré par l’Exécutif afin d’imposer un cadre électoral largement dénoncé comme dangereux pour l’indépendance du processus démocratique.
Le texte controversé concentre notamment d’immenses pouvoirs entre les mains d’un « directeur général » du CEP directement choisi et nommé par arrêté du pouvoir exécutif. Derrière le discours officiel d’un CEP prétendument « autonome », plusieurs observateurs dénoncent en réalité une prise de contrôle politique déguisée de l’appareil électoral. Le Centre de tabulation, la gestion du processus et même certaines décisions stratégiques pourraient désormais dépendre d’un homme imposé par le gouvernement de facto dirigé par le Premier ministre contesté Alix Didier Fils-Aimé, un pouvoir largement accusé de survivre grâce au soutien diplomatique de Washington.
Autre disposition jugée explosive : l’exigence imposant désormais, selon le nouvel article 130, un minimum de 100 000 membres aux partis politiques souhaitant inscrire des candidats aux prochaines élections. Pour de nombreux acteurs politiques et observateurs, cette mesure ressemble à une opération de filtration politique visant à éliminer plusieurs structures incapables de satisfaire à une telle exigence dans un pays plongé dans le chaos, l’insécurité et l’effondrement institutionnel.
À mesure que le pouvoir accélère vers l’adoption de ce décret, les craintes grandissent autour d’élections potentiellement contrôlées, verrouillées et taillées au profit d’un système déjà fortement contesté.
