Après plusieurs années passées à l’étranger, l’ancien président Michel Martelly a fait son retour en Haïti ce mercredi 15 juillet, dans un contexte marqué par de lourdes accusations, des procédures judiciaires en cours et un pays toujours plongé dans une profonde crise.
Michel Martelly est revenu à Port-au-Prince alors que son nom reste au cœur de plusieurs dossiers sensibles. L’ancien chef d’État, dont le mandat est souvent associé à une dégradation des institutions haïtiennes, rentre dans un pays ravagé par l’insécurité, la violence des gangs et une crise politique persistante. Son retour intervient alors que de nombreux Haïtiens continuent de réclamer que toute la lumière soit faite sur les dossiers le concernant.
L’ancien président avait notamment sollicité le report de son audition dans le cadre de l’instruction menée par la Cour d’appel sur l’assassinat de son successeur, Jovenel Moïse. Il fait également l’objet de sanctions imposées par le Canada, les États-Unis et l’Union Européenne en raison d’allégations d’implication dans des activités liées au trafic de drogue et au financement de groupes armés en Haïti. Par ailleurs, un rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) lui reproche d’avoir effectué de fausses déclarations de patrimoine.
Le retour de ce sanctionné pour trafic de drogue et parrainage présumé de gangs place désormais la justice haïtienne face à une épreuve majeure de crédibilité. Visé par plusieurs allégations, notamment dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, Michel Martelly, souvent associé dans le débat public à l’expression « bandi legal », est attendu sur ces différents dossiers.
