« Décret anti-CEP » : le CMEL accuse le pouvoir de facto de vouloir confisquer les prochaines élections

Dans un communiqué extrêmement virulent, le Collectif des Médias en Ligne (CMEL) dénonce ce qu’il considère comme une tentative du pouvoir de facto de placer le Conseil électoral provisoire sous contrôle politique afin de verrouiller les prochaines élections.

Le ton monte autour du nouveau projet de décret électoral porté par le pouvoir de facto dirigé par le Premier ministre contesté Alix Didier Fils-Aimé. Dans un communiqué publié le 25 mai 2026, le Collectif des Médias en Ligne (CMEL) accuse l’Exécutif de vouloir « assassiner l’indépendance du CEP » à travers un texte dénoncé comme une opération politique visant à confisquer le contrôle des futures élections. Le Collectif apporte également son plein soutien au représentant de la presse au sein du CEP, Jacques Desrosiers, ainsi qu’aux conseillers opposés à cette réforme controversée.

Au cœur des critiques : les articles 16 et 17 du projet de décret électoral. Selon le CMEL, le texte retire pratiquement au Conseil électoral provisoire sa capacité réelle de diriger le processus électoral en transférant d’immenses pouvoirs à un « directeur général » directement choisi et nommé par arrêté du pouvoir exécutif. Derrière les discours sur une prétendue autonomie du CEP, le Collectif affirme que le gouvernement de facto chercherait en réalité à imposer un contrôle politique total de l’appareil électoral national.

Le communiqué dénonce également les pouvoirs jugés « exorbitants » accordés à ce futur directeur général, qui pourrait contrôler l’administration du CEP, superviser les opérations électorales et même se substituer à l’organe décisionnel de l’institution en cas de « blocage ». Pour le CMEL, cette disposition ouvre la voie à des dérives graves et à une centralisation dangereuse du processus électoral entre les mains de l’Exécutif. Le Collectif avertit qu’Haïti risque de basculer dans une « démocratie de façade » si ce décret est publié dans Le Moniteur sans opposition nationale.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire majeure », le CMEL appelle les membres du CEP à « tenir bon » et à refuser toute démission ou capitulation. L’organisation lance également un appel urgent aux médias, partis politiques, organisations de défense des droits humains, universités, syndicats, étudiants et citoyens afin qu’ils se mobilisent contre ce projet dénoncé comme une tentative de verrouillage électoral. « Le silence aujourd’hui pourrait coûter au peuple haïtien son droit à des élections réellement libres demain », avertit le communiqué.

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