avec notre collaborateur à Cap-Haïtien, Marc-Eliome Charleme — Malgré un décor de ruines, le marché Clugny renaît lundi 27 avril au Cap-Haïtien, trois mois après l’incendie de la nuit du 24 au 25 janvier 2026. Une décision imposée par les autorités, qui relance l’activité… mais soulève de sérieuses inquiétudes sur la sécurité.
La réouverture au public du marché Clugny, autorisée par le délégué départemental du Nord, Marc Merzius Présumé, intervient dans un contexte encore marqué par les séquelles de l’incendie de janvier 2026, qui avait ravagé une grande partie des installations.
« C’est sous instruction du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé que l’accès à l’enceinte a été accordé aux marchands », affirme-t-il. Les petits commerçants sont appelés par le pouvoir de facto à reprendre leurs activités au cœur même des décombres [NDLR].

Sur place, les marchandes et marchands n’ont pas caché leur soulagement. Après des mois d’arrêt et d’incertitude, ils saluent une décision qu’ils jugent vitale pour leur survie. Entre nécessité économique et absence d’alternative, beaucoup affirment ne pas avoir d’autre choix que de retourner travailler, malgré les conditions précaires.
Mais derrière cette reprise forcée, des observateurs avisés se demandent : à quel prix ? Sans véritable réhabilitation ni garanties de sécurité, cette réouverture précipitée met en lumière une réalité brutale : celle d’une population contrainte de reconstruire sa vie au milieu des ruines, au risque d’un nouveau drame.
