Haïti — Famine à Lascahobas : des vies s’éteignent dans le silence total

À Juampas, dans la commune de Lascahobas, une tragédie humaine se déroule à huis clos. Des familles chassées par la terreur des gangs agonisent lentement sous l’effet de la faim, des maladies et de l’abandon, dans un silence qui glace et indigne.

Selon les autorités locales, des centaines de déplacés ayant fui les violences à Mirebalais, Saut-d’Eau ou Sarrazin survivent aujourd’hui dans des camps de fortune, sans nourriture suffisante ni accès aux soins. La casec Kettly Joseph évoque une situation « catastrophique et inhumaine » : des morts liées à la famine seraient déjà enregistrées, tandis que d’autres personnes s’effondrent chaque jour, épuisées par la malnutrition et l’absence totale d’assistance.

Depuis près d’un an, au moins cinq (5) camps se sont installés dans cette seule section communale, devenant le théâtre d’une détresse quotidienne insoutenable. Enfants affamés, vieillards abandonnés, mères désespérées : la survie dépend désormais de rares gestes de solidarité de simples citoyens, venus partager un peu de nourriture avec ceux qui n’ont plus rien.

Plus choquant encore, aucune intervention structurée de l’État n’a été constatée sur place, dénoncent les responsables locaux. Ni plan d’urgence, ni présence médicale, ni réponse institutionnelle face à cette catastrophe silencieuse. À Juampas, la faim tue lentement, sous les yeux d’un pays paralysé.

Alors que la crise sécuritaire continue de pousser des Haïtiens sur les routes de l’exil intérieur, une question hante désormais les esprits : combien de morts faudra-t-il encore pour que la souffrance des déplacés devienne enfin une priorité nationale absolue ?

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