Kenscoff : après plus de 47 morts, le Premier ministre de facto annonce une « mobilisation totale », trop peu, trop tard

Après le massacre de la nuit du 23 au 24 août, qui a fait au moins 47 morts à Kenscoff, le gouvernement de facto annonce, le mercredi 26 août 2026, une « mobilisation totale » pour reprendre les zones contrôlées par les gangs. Une décision tardive, alors que la menace qui pesait sur la commune était connue des autorités.

Le gouvernement haïtien affirme renforcer son dispositif sécuritaire pour tenter de reprendre le contrôle des zones frappées par les gangs à Kenscoff. Le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé a réuni le haut état-major de la Force de Répression des Gangs (FRG), tandis que le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick PÉLISSIER, s’est entretenu avec les responsables de la FRG, de la PNH, des Forces armées d’Haïti et du ministère de la Défense. Le FAES est également mobilisé pour venir en aide aux victimes et à leurs familles.

Mais cette mobilisation, annoncée après le massacre, soulève de graves interrogations. Au moins 47 personnes ont été tuées à Kenscoff, 22 autres blessées et plus de 50 auraient été prises en otage, selon les informations communiquées par les Nations unies. Or, les autorités avaient déjà été alertées de la menace qui pesait sur la commune, théâtre d’attaques répétées depuis 2025. Des appels à l’aide avaient également été lancés avant l’assaut meurtrier. Malgré ces alertes, le carnage n’a pas été empêché. Pourquoi l’État attend-il que le sang soit versé pour annoncer une réponse sécuritaire à la hauteur du danger ?

À Kenscoff, les familles endeuillées n’attendent plus de déclarations solennelles. Elles attendent des actes. Annoncer aujourd’hui que « l’État reprendra les zones sinistrées, par la force si nécessaire » peut difficilement rassurer ceux qui viennent de perdre leurs proches. Pour plus d’un, cette « mobilisation totale » arrive trop tard face à l’ampleur du drame. La population avait besoin de protection avant le massacre, pas seulement d’une promesse de fermeté après les morts. Plus de 47 vies ont été fauchées : pour les familles endeuillées, « trop peu, trop tard » résume désormais la réponse de l’État.

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