22 000 passagers par mois : l’aéroport du Cap-Haïtien face à une croissance qui dépasse ses capacités

L’aéroport international du Cap-Haïtien change brutalement d’échelle. Avec près de 22 000 passagers par mois et quatre fois plus de mouvements qu’auparavant, l’infrastructure est désormais confrontée à une croissance qui révèle, dans la douleur, ses propres limites.

Selon un article du journaliste capois Gérard Maxineau publié dans Le Nouvelliste, l’aéroport international du Cap-Haïtien accueille aujourd’hui environ 22 000 passagers par mois, contre 7 000 auparavant. Les mouvements d’avions ont, eux aussi, bondi d’environ 300 à 1 200. Cette progression s’explique notamment par le rôle croissant du Cap-Haïtien dans la continuité du trafic aérien national, alors que l’aéroport de Port-au-Prince évolue dans un contexte particulièrement difficile.

Cette montée en puissance s’accompagne d’une diversification spectaculaire des liaisons. Le Cap-Haïtien dessert désormais, en plus des États-Unis, de la République dominicaine, des Bahamas et des îles Turques-et-Caïques, des destinations comme le Brésil, le Chili, le Panama, Pointe-à-Pitre et Saint-Martin. Sur le plan national, les vols vers Port-au-Prince, Les Cayes et Jacmel renforcent également son importance. Mais derrière ces nouveaux horizons se cache une réalité beaucoup plus préoccupante : une infrastructure conçue pour une activité bien moindre doit aujourd’hui absorber une fréquentation qu’elle peine à contenir.

Face à cette pression, des travaux sont en cours. Une nouvelle salle pour les vols domestiques doit être achevée en octobre, tandis qu’une salle d’embarquement internationale d’environ 650 places assises est en construction. Une rampe destinée aux hélicoptères et aux petits transporteurs est presque terminée, une salle de transit doit être aménagée et trois tentes de pré-enregistrement sont prévues. S’ajoutent à cela 1 300 m² de route périphérique en béton hydraulique, dont l’achèvement est annoncé pour février 2027, ainsi que des travaux de climatisation et le renforcement des effectifs dans plusieurs services, notamment l’immigration, la police administrative, la BLTS et la sûreté.

Le constat demeure toutefois amer : le Cap-Haïtien est devenu un passage aérien majeur sans avoir bénéficié, au même rythme, des infrastructures nécessaires pour accompagner cette transformation. L’allongement des heures d’ouverture jusqu’à 20 heures et l’augmentation rapide du trafic ne peuvent constituer, à eux seuls, une réponse durable. Derrière les files d’attente, les espaces insuffisants et les difficultés de fluidité, c’est l’image d’un pays dont les besoins grandissent plus vite que ses infrastructures qui se dessine. L’AICH change d’échelle ; désormais, Haïti doit impérativement changer la sienne pour ne pas laisser cette croissance se transformer en nouveau goulet d’étranglement.

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