Céder ou disparaître. Aux Cayes, une technicienne en laboratoire médical affirme avoir été contrainte de choisir entre des actes sexuels imposés et sa carrière. Elle a refusé. Elle dit aujourd’hui en payer le prix fort.
Le choc est brutal. Après neuf ans de service, Wideline François, qui s’est confiée à O-News 1ère, met en cause le directeur médical du Centre de Santé de Quatre Chemins, le Dr Perkens Beau-Fils.
Selon cette professionnelle de santé, tout aurait commencé en mai 2025, autour d’un dossier de nomination volontairement bloqué sous des prétextes jugés fallacieux : documents « incomplets », copies « illisibles »… jusqu’à une convocation en tête-à-tête.
Et là, tout bascule. Porte fermée à clé. Pression directe. Selon son témoignage, le médecin aurait exigé des actes sexuels explicites en échange de l’avancement de son dossier. Une scène d’une gravité extrême, marquée par l’intimidation et l’abus de pouvoir. Elle refuse. Elle quitte les lieux. Elle parle.
« En premier lieu, Dr Perkens m’avait demandé — après avoir enlevé son maillot — de stimuler ses mamelons avec la bouche, ce que j’ai refusé. En deuxième lieu, il a détaché sa ceinture, a sorti son pénis en érection et m’a demandé de lui faire une fellation », confie-t-elle, encore sous le choc.
Mais après la dénonciation, rien. Ni enquête. Ni sanction. Le 20 mars 2026, elle relance l’alerte devant la directrice régionale Sud du ministère de la santé, Dr Esther Dorilma. Quatre jours plus tard, le verdict tombe : interdiction d’accès à son poste. Mise à l’écart immédiate. Disparition administrative.
Le dossier prend une dimension encore plus explosive. Selon la technicienne, lors d’une visite début avril 2026, le ministre de la Santé, Dr Bertrand Sinal, aurait évoqué une proximité avec le médecin mis en cause, excluant toute révocation. Résultat : le directeur est simplement transféré et promu conseiller technique à l’Hôpital général des Cayes. La lanceuse d’alerte, elle, est écartée. Sans emploi. Sans recours.
Un cas isolé… ou le symptôme d’un système qui protège les puissants et écrase les victimes ? La technicienne en laboratoire médical parle aujourd’hui de représailles, d’abus de pouvoir caractérisé et exige justice, réparation et reconnaissance des violences sexuelles qu’elle affirme avoir subies.
