Alors que la rareté de l’essence alimente tensions et abus, la loi haïtienne rappelle une ligne rouge claire : toute spéculation illicite sera sévèrement sanctionnée. Revendeurs comme responsables de compagnies pétrolières sont dans le viseur des autorités.
Face à la crise persistante, certains profitent du chaos pour imposer des prix exorbitants ou organiser des circuits parallèles. Pourtant, l’article 1er de la loi du 20 décembre 1946 est sans ambiguïté : « toute vente au-dessus des tarifs fixés, tout stockage clandestin ou refus de vente constitue une infraction pénale », rappelle le juriste Alberson Exanbert. Une pratique assimilée à du marché noir, formellement interdite.
Les sanctions prévues sont lourdes. Selon cette loi, toute personne reconnue coupable encourt une peine d’emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans, accompagnée d’une amende pouvant atteindre 100 000 gourdes. Une réponse judiciaire censée dissuader les dérives, notamment dans un contexte où la population est déjà fragilisée par les pénuries.
Mais au-delà des textes, c’est leur application qui est désormais attendue. Le commissaire du Gouvernement est appelé à agir sans faiblesse, en instruisant la police d’arrêter les contrevenants, de dresser procès-verbal et de les déférer devant la justice, préconise Me Exanbert. L’objectif : briser les réseaux de spéculation et restaurer un minimum d’équité dans l’accès à l’or noir.
Dans ce climat explosif, l’avertissement est clair : le rationnement ne saurait justifier l’illégalité. L’État est face à un test de crédibilité. Faire respecter la loi ou laisser prospérer l’impunité, le choix est désormais politique autant que judiciaire.
