Les Kényans s’en vont : Venir de loin pour rien faire, sans rien, et repartir en boss dans leur pays

Ils sont arrivés dans un pays au bord de l’effondrement, étranglé par une insécurité parmi les plus violentes de son histoire récente. Un pays à genoux. Un territoire morcelé, des routes coupées, une population terrorisée, abandonnée à la loi des gangs. Dans ce décor de chaos, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), portée notamment par des policiers kényans, devait incarner le sursaut. La réponse. La rupture.

Ils sont arrivés avec des promesses, des discours, une image d’engagement. Mais aujourd’hui, le constat est implacable. Ils repartent. Et Haïti n’a pas bougé d’un centimètre.

Aucun chef de gang neutralisé. Aucun bastion repris durablement. Aucune route réellement sécurisée. Aucun signal fort capable de renverser la dynamique de terreur. Pendant ce temps, les groupes armés continuent d’imposer leur loi, de tuer, d’incendier, d’enlever, sous les yeux d’une population prise au piège. La mission était censée contenir l’insécurité. Elle n’a même pas réussi à l’ébranler.

Et pourtant, des millions ont été dépensés. Des ressources colossales mobilisées. Pour quel résultat ? Un passage sans impact. Une présence sans effet. Une mission venue de loin… pour repartir sans rien changer, sinon avec des bourses bien remplies de dollars. Pendant que Haïti s’enfonce, d’autres repartent avec le sentiment du devoir accompli. Mais quel devoir, au juste ?

Le plus inquiétant, c’est que le scénario semble prêt à se répéter. Une nouvelle force est annoncée pour ce mois d’avril : la force de répression des gangs (FRG), avec 5 500 hommes. Encore des promesses. Encore des financements. Encore des vies suspendues à une illusion. Mais combien de temps encore Haïti devra-t-elle servir de terrain d’expérimentation à des solutions inefficaces ?

Car la vraie question est là, brutale, dérangeante : la communauté internationale veut-elle réellement résoudre la crise haïtienne… ou la gérer, la prolonger, la maintenir sous perfusion ? À force d’échecs répétés, de missions sans résultats et de milliards engloutis sans changement concret, le doute n’est plus une hypothèse. C’est une évidence.

Haïti n’a plus besoin de discours. Haïti n’a plus besoin de mises en scène diplomatiques. Haïti a besoin d’actes. De résultats. De sécurité réelle. Tant que ces exigences ne seront pas respectées, chaque nouvelle mission ne sera qu’un cycle de plus dans une mécanique bien rodée : de l’argent injecté, du temps perdu… et des vies sacrifiées.

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