Les Cayes — Carburant : hors de contrôle total, les stations-service fixent leurs prix sans limite

La crise du carburant a franchi un seuil critique, aux Cayes. Entre flambée des prix, pénurie et stockage anarchique, la troisième ville du pays devient le symbole d’un marché déjà hors de contrôle, pendant que l’État tente, tardivement, de reprendre la main.

Aux Cayes, le carburant échappe déjà sous les yeux des autorités haïtiennes. Alors que le gouvernement a installé, dimanche 29 mars, un Conseil consultatif chargé de fixer les prix des produits pétroliers, sur le terrain, c’est la loi du marché sauvage qui domine. Le gallon d’essence se vend entre 650 et 700 gourdes, sans encadrement, sans limite, dans une ville livrée à elle-même.

La tension est palpable dans les stations-service. Files interminables, véhicules immobilisés, motocyclettes entassées… et des pompes à sec, affirment leurs responsables. Certaines stations ont déjà fermé. Pendant ce temps, le phénomène des « galons jaunes » explose : le carburant est stocké, revendu, spéculé, sous le regard impuissant — ou absent — des autorités.

Aux Cayes, la crise n’est plus imminente, elle est en cours. Et si une hausse officielle des prix venait s’ajouter à ce désordre, l’explosion sociale pourrait être inévitable. Sans action immédiate, ferme et visible de l’État, la ville risque de basculer dans un chaos total.

Avec Richecard Delva, notre correspondant aux Cayes

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