Les prix flambent, la colère aussi. Après une hausse déjà imposée, toute nouvelle augmentation du carburant pourrait faire exploser la situation. Montès Joseph, figure du transport public, lance un ultimatum : un centime de plus… et il claque la porte.
Le ton est sans appel. Montès Joseph annonce qu’il quittera immédiatement le Conseil consultatif chargé de fixer les prix des produits pétroliers si l’État haïtien touche encore aux prix à la pompe, déjà asphyxiants : 725 gourdes pour la gazoline, 850 pour le diesel, 845 pour le kérosène. Pour lui, la ligne rouge est franchie.
Dans un contexte international sous tension, marqué par la guerre au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran, où aucune issue n’est en vue après plus d’un mois de combats, toute hausse supplémentaire, après celle du 2 avril dernier, serait vécue comme une agression directe contre un peuple déjà à genoux [NDLR].
Mais au-delà de la menace, c’est une explosion sociale qui se profile. Après une augmentation déjà encaissée dans la douleur, les Haïtiens sont à bout de souffle. Montès Joseph dénonce un système à sens unique : quand les prix mondiaux baissent, rien ne change ici ; quand ils montent, la facture tombe immédiatement sur les plus vulnérables.
Le pays vacille. Une nouvelle hausse du carburant pourrait déclencher une tempête sociale incontrôlable. Démissions en chaîne, paralysie du transport, explosion de la rue… Haïti est assis sur une poudrière sociale. Et cette fois, l’étincelle pourrait tout faire basculer.
