Chassés par le gang « Kraze Baryè », dirigé par Vitel’Homme, qui a broyé la vie de nombreux innocents, les habitants de Tabarre voient aujourd’hui leur exil se transformer en exclusion définitive. L’État haïtien déclare d’utilité publique plusieurs propriétés autour de l’ambassade américaine, scellant leur retour impossible.
Le gouvernement haïtien franchit un cap sensible dans sa stratégie sécuritaire. Par un arrêté publié dans Le Moniteur le 24 mars 2026, plusieurs propriétés situées à proximité immédiate de l’ambassade des États-Unis à Tabarre sont déclarées d’utilité publique. Une décision qui, selon l’arrêté, vise à renforcer le dispositif de sécurité dans une zone jugée hautement stratégique.
Derrière cette mesure administrative, un constat saute aux yeux : des riverains, déjà contraints de fuir sous la pression du gang « Kraze Baryè », ne reviendront probablement jamais chez eux. Le périmètre concerné, couvrant plus de 1 289 mètres carrés, est désormais verrouillé. Toute activité — construction, transaction ou exploitation — y est strictement interdite.
S’appuyant sur la Constitution amendée de 1987 et les lois sur l’expropriation, l’État justifie son intervention par la nécessité de doter la zone d’infrastructures sécuritaires modernes. Des coordonnées géographiques précises encadrent l’espace visé, traduisant une volonté de contrôle total sur ce secteur sensible.
Mais au-delà des impératifs sécuritaires, la décision interpelle. Entre protection diplomatique et effacement silencieux de populations déjà fragilisées, Tabarre devient officiellement le symbole d’un pays où les gangs expulsent… et où l’État, à son tour, valide l’absence.
