RN1 : la PNH annonce des « zones reprises », les gangs de Savien répondent par les armes — Saint-Marc replonge dans le chaos

avec notre correspondant à Saint-Marc, Danio Daniel — À chaque conférence de presse, la Police nationale d’Haïti annonce avoir repris le contrôle des zones occupées par les gangs. Mais sur le terrain, la réalité continue de gifler les discours officiels. À Saint-Marc, les bandits de Savien viennent une nouvelle fois d’infliger un cinglant démenti à la PNH en reprenant plusieurs zones stratégiques, provoquant morts, blessés et fuite massive de la population.

À peine la PNH avait-elle annoncé, par la voix de son porte-parole Lionel Lazarre, avoir sécurisé la route nationale numéro 1 que les gangs « Gran Grif » de Savien repassaient déjà à l’offensive. Depuis la mi-journée du mercredi 27 mai, les hommes armés ont repris le contrôle des zones de Robert, Babin et Gilbert, à Lalouère, dans la 4e section communale de Saint-Marc. L’information a été confirmée par le CASEC Wilbert Michel, qui décrit une situation extrêmement préoccupante sur le terrain.

Une fois de plus, les habitants paient le prix des promesses sécuritaires qui ne résistent pas à la réalité des armes. Des familles fuient leurs maisons dans la panique, des morts et plusieurs blessés ont déjà été recensés, pendant que les gangs consolident tranquillement leur emprise sur cette importante passerelle stratégique. Cette scène devient presque routinière : la police annonce des victoires, puis les groupes armés reviennent quelques heures ou quelques jours plus tard pour démontrer qu’ils contrôlent toujours le terrain.

Cette nouvelle humiliation sécuritaire soulève de sérieuses questions sur la stratégie réelle des autorités. Comment la PNH peut-elle continuer à annoncer publiquement la « reprise de contrôle » de zones qui retombent presque immédiatement entre les mains des bandits ? À force de multiplier les déclarations triomphalistes sans résultats durables, l’institution policière risque de perdre encore davantage la confiance d’une population déjà épuisée par les massacres, les déplacements forcés et l’abandon de l’État.

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