Un tweet, et la polémique explose. Ce dimanche matin sur X, le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé a vivement condamné une tentative, estime-t-il, d’agression contre Donald Trump. Mais en Haïti, où des milliers de familles fuient les gangs, ce message est perçu comme une gifle.
Dans sa publication, le chef du gouvernement, contesté mais adoubé par Washington, dit avoir appris « avec stupéfaction » la tentative d’agression visant Donald Trump, se dit soulagé et apporte « tout le support du Gouvernement haïtien » au président américain. Une réaction rapide, calibrée, tournée vers Washington, alors même que le pays qu’il dirige s’enfonce dans une crise sécuritaire sans précédent.
Car pendant que ce message circule, la réalité haïtienne est brutale : des quartiers entiers vidés par la peur, des familles fuyant leurs maisons sous la pression des groupes armés, livrées à elles-mêmes ; des déplacés sans abri, sans assistance, sans perspective. Face à cette urgence nationale, le silence ou l’inaction des autorités tranchent violemment avec l’empressement affiché pour une affaire étrangère.
Ce décalage alimente une colère grandissante. Pour beaucoup, ce n’est pas seulement une erreur de communication, mais le symptôme d’un pouvoir hors-sol, plus préoccupé par les regards extérieurs que par la survie de sa propre population. Une question s’impose, crue : qui gouverne pour qui ?
