L’émotion et la consternation secouent le milieu médiatique haïtien après l’annonce du sort tragique réservé à deux journalistes qui faisaient l’objet d’une surveillance inquiétante depuis plusieurs semaines.
Selon une source généralement bien informée contactée par O-News 1ère, l’enlèvement des journalistes Junior Célestin, de Radio Télévision Mégastar, et Osnel Espérance, de Uni FM, survenu le 13 mars dernier à proximité du stade Sylvio Cator, aurait été l’aboutissement d’une véritable traque.
Depuis le 7 février 2026, une taupe, qui se serait fait passer pour un journaliste afin de mieux infiltrer l’environnement professionnel des deux travailleurs de la presse, aurait été chargée de suivre leurs moindres déplacements.
Toujours d’après cette source, ce jour-là, l’espion aurait pris des photos des deux professionnels de l’information au sous-commissariat de Carrefour Aéroport, alors qu’ils échangeaient avec des policiers. Ces images auraient ensuite été transmises à des groupes armés, les présentant comme des collaborateurs du « Team Pye Sòl », un regroupement d’agents de la Police nationale d’Haïti, les exposant ainsi à de graves risques sécuritaires.
Notre source ajoute que les deux journalistes, qui travaillent habituellement ensemble sur le terrain, auraient récemment frôlé le pire à Delmas 5. Pris dans une situation d’extrême danger lors d’une tentative d’enlèvement, ils n’auraient dû leur salut qu’à l’intervention rapide et déterminante d’un chauffeur de taxi-moto, dont la réaction aurait permis de déjouer le rapt à la dernière minute.
Cette spirale de menaces a culminé le 13 mars 2026, lorsque les deux reporters, en plein reportage, ont été interceptés tout près du stade Sylvio Cator avant d’être emmenés de force. Ils auraient ensuite été sauvagement démembrés par des membres présumés du gang « 5 Segond », opérant à Village-de-Dieu, l’un des principaux foyers de l’insécurité à Port-au-Prince.
Ce drame relance avec brutalité le débat sur la sécurité des journalistes en Haïti, confrontés à des risques extrêmes dans l’exercice de leur métier. Face à cette violence qui vise directement la liberté d’informer, des appels pressants se multiplient pour que des mesures urgentes soient prises afin de protéger les professionnels des médias.
