Élections 2026 : PHTK, le parti des « gangsters », absent de la course, simple retrait ou stratégie de l’ombre ?

Alors que 320 partis politiques se sont inscrits auprès du Conseil électoral provisoire (CEP) en vue des prochaines élections prévues le 30 août, l’absence du Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) soulève de nombreuses interrogations. Ancienne force dominante du paysage politique, cette formation controversée reste au cœur des débats en raison de son passif et des accusations visant plusieurs de ses dirigeants.

La fermeture officielle des inscriptions, annoncée le 12 mars, marque une étape décisive du processus électoral. Pourtant, le PHTK ne figure pas sur la liste provisoire des partis enregistrés. Cette situation étonne d’autant plus que le parti, fondé en 2012 et associé à l’ancien président Michel Martelly et à son successeur Jovenel Moïse, a longtemps occupé une position centrale dans la gouvernance du pays.

Cette absence intervient dans un contexte où plusieurs rapports de la Cour supérieure des comptes et deux enquêtes sénatoriales menées en 2016 et 2017 ont pointé du doigt la gestion controversée des fonds PetroCaribe. Ces investigations ont évoqué une dilapidation de plus de 3,8 milliards de dollars américains destinés notamment aux infrastructures publiques comme les routes, les écoles et les hôpitaux, alimentant une profonde crise de confiance envers la classe politique issue de cette période.

Par ailleurs, le principal inspirateur du parti PHTK, Michel Martelly, a été sanctionné en août 2024 par le département du Trésor américain pour avoir abusé de son influence afin de faciliter le trafic de drogues, dont la cocaïne, vers les États-Unis. Les autorités américaines l’accusent également de blanchiment de revenus illicites et de liens avec des gangs armés en Haïti, après des sanctions similaires prises par le Canada en novembre 2022.

Enfin, le président assassiné Jovenel Moïse, élu sous la bannière du PHTK en 2017, a lui aussi été éclaboussé par des accusations de détournement de plus de 33 millions de gourdes, liées notamment aux projets Agritrans et Betexs. Des juges ont relevé des irrégularités dans l’attribution de contrats publics pour des travaux routiers dans le Grand Nord, impliquant ces entreprises partageant les mêmes structures administratives. Autant d’éléments qui alimentent aujourd’hui les spéculations : le PHTK prépare-t-il un retour masqué à travers d’autres plateformes politiques ou assiste-t-on à un réel recul de son influence à l’approche des prochaines joutes électorales ?

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