Un dernier adieu dans une quasi-indifférence. Les funérailles du journaliste Wilkins Clermont ont mis en lumière une réalité dérangeante : la fragilité de la solidarité au sein du secteur médiatique haïtien face à la disparition de l’un des siens.
Les obsèques du professionnel de l’image ont été chantées le mercredi 11 mars 2026 à l’église Sainte-Altagrace de Delmas, dans une atmosphère à la fois sobre et poignante. Famille, amis proches et quelques confrères étaient présents pour accompagner le défunt vers sa dernière demeure. Mais l’absence massive de journalistes a profondément marqué les esprits et suscité de nombreuses interrogations.
Parmi les rares figures du secteur médiatique aperçues figuraient notamment Raynald Petit-Frère, coordonnateur général du Collectif des médias en ligne et copropriétaire de O-News 1ère; Johnley Joseph, DG Focus Haïti Média, Yves Paul Léandre, Dieumaitre Dessources, Jean-Philippe Macéant, Jido Théroné, Fanfan Jean-Louis, Richardson Jourdan, Moïse Jean, Lookens Jean-Baptiste, René Celias, Luc Albert Beaubrun, Cliff Coulange, ainsi que Daniel Saint-Hilaire et Judex Vélima.

La présence du directeur exécutif de l’Observatoire national de lutte contre la corruption (ONLCC), Ricardo Fleuridor, a également été remarquée lors de cette cérémonie empreinte d’émotion.
Cette mobilisation extrêmement faible soulève un débat sensible sur l’état de la cohésion dans la profession. Wilkins Clermont, décédé brutalement le 4 mars à l’âge de 48 ans après un malaise dans une salle de sport, avait pourtant consacré sa vie à informer et à documenter l’actualité du pays. Son départ laisse non seulement un vide humain et professionnel, mais pose aussi une question fondamentale : la presse haïtienne sait-elle encore honorer la mémoire de ses propres artisans ?
