Face à la montée inquiétante du phénomène des enfants-soldats en Haïti, la Police nationale d’Haïti (PNH), dans une note publiée le 5 mars 2026 sur le réseau X, reconnaît publiquement que ses moyens restent insuffisants pour endiguer cette dérive dramatique.
Selon la PNH, les gangs recrutent désormais des enfants de plus en plus jeunes pour soutenir leurs activités criminelles. Les plus jeunes, âgés de 8 à 10 ans, servent souvent de guetteurs, tandis que ceux de 11 à 14 ans sont armés et envoyés en première ligne lors des affrontements. Une réalité alarmante qui complique considérablement l’intervention policière.
Toujours d’après la note diffusée par l’institution sous la direction d’André Jonas Vladimir Paraison, cette stratégie macabre des chefs de gang place les policiers devant un dilemme moral extrêmement difficile. Les forces de l’ordre se retrouvent parfois confrontées à des mineurs manipulés et enrôlés dans la violence, une situation qui rend les opérations encore plus délicates sur le terrain, révèle la note.
La police souligne également le manque flagrant de structures adaptées pour accueillir ces enfants lorsqu’ils sont soustraits à l’influence des gangs. La Brigade de Protection des Mineurs (BPM) ne dispose que d’une grande chambre et d’aucun centre spécialisé pour assurer leur détention ou leur réinsertion.
Face à cette urgence, la PNH appelle à une réponse urgente et multidimensionnelle. L’institution policière exhorte l’État, l’IBESR, l’UNICEF et d’autres partenaires à intervenir rapidement sur les plans éducatif, social et institutionnel afin d’éviter qu’une génération entière d’enfants haïtiens ne soit irrémédiablement happée par la violence des gangs.
De son côté, l’UNICEF a indiqué, dans un communiqué publié le 12 février 2026, que le nombre d’enfants recrutés par des groupes armés en Haïti aurait augmenté d’environ 200 % en 2025. L’agence des Nations unies tire la sonnette d’alarme et appelle à une action immédiate pour protéger une jeunesse menacée par la violence et la précarité.
