À Pétion-Ville, l’ordre d’arrestation d’un manifestant pacifique lors d’un sit-in devant le siège de l’Organisation des États américains relance le débat sur le respect des libertés fondamentales en Haïti, dans un contexte politique déjà sous haute tension.
Ce jeudi 26 février 2026, l’agent intérimaire de Pétion-Ville, Kesner Normil, a ordonné l’arrestation de Winder Bernard, porte-parole de la structure « Opposition Pluriel », alors que ce dernier participait à un sit-in pacifique devant le siège de l’OEA.
Les manifestants dénonçaient la solidarité de la communauté internationale envers le Premier ministre de facto contesté, Alix Didier Fils-Aimé. La scène, ponctuée par la phrase créole haïtien « Arete misye. M pa vle manifestasyon nan komin lan […] », a choqué plus d’un observateur.
Pourtant, la Constitution haïtienne du 29 mars 1987, amendée, est sans équivoque. En son article 28, elle garantit à tout citoyen le droit d’exprimer librement ses opinions, par les moyens de son choix. En ordonnant cette arrestation, Kesner Normil est accusé d’avoir outrepassé ce cadre légal, au mépris des principes démocratiques fondamentaux.
Loin de se laisser intimider, les militants ont maintenu le cap. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’excès de zèle et réaffirment leur objectif : appeler la communauté internationale à se désolidariser du chef du gouvernement et rejeter le « Pacte pour la stabilisation et l’organisation des élections » signé le 21 février dernier. Un acte de résistance civique qui pose une question centrale : jusqu’où ira la restriction des libertés face à la contestation politique ?
