La récente déclaration de l’ambassadeur des États-Unis en Israël sur Fox Business, chaîne affiliée à Fox News, a provoqué une vague de réactions en comparant Gaza à Haïti pour illustrer l’échec supposé de sa gouvernance.
Lors de son intervention sur la chaîne très conservatrice américaine, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a affirmé que Gaza « aurait pu devenir Singapour », mais que le Hamas l’a transformée « en Haïti ». Selon ses propos, le mouvement palestinien aurait privilégié la construction d’un vaste réseau de tunnels — présenté comme plus étendu que le métro de Londres — plutôt que des infrastructures de développement. La comparaison, jugée abrupte, a immédiatement suscité l’indignation.
Si le débat sur la gestion de Gaza et la responsabilité du Hamas divise depuis des années, l’utilisation d’Haïti comme symbole d’échec a choqué de nombreux observateurs haïtiens. Pour eux, réduire un pays à ses crises revient à ignorer son histoire, sa résilience et les lourdes contraintes géopolitiques qui ont façonné sa trajectoire. Cette rhétorique simplificatrice alimente des stéréotypes persistants.
Au-delà de la controverse, l’épisode invite à une réflexion plus large sur la responsabilité des responsables politiques dans le choix des mots. Comparer des réalités complexes à travers des formules choc peut servir un argumentaire, mais au risque d’attiser les tensions diplomatiques et d’offenser des peuples entiers. Haïti, souvent citée dans les discours internationaux, mérite mieux qu’une métaphore polémique.
