Un récent communiqué du gouvernement dominicain sur la situation haïtienne suscite des interrogations majeures. Sous couvert de stabilité, certains y voient une prise de position qui touche au cœur même de la souveraineté nationale d’Haïti. Qui pilote la transition haïtienne ?
Le communiqué dominicain, publié le 7 février dernier, ne se limite pas à un appel général à la stabilité. Il cite clairement un dirigeant, Alix Didier Fils-Aimé, et invite le leadership haïtien à maintenir son soutien à son gouvernement. Pour beaucoup d’observateurs, cette formulation ressemble moins à un conseil diplomatique qu’à une orientation politique venue de l’extérieur.
Dans les relations entre États voisins, la solidarité peut être utile. Mais lorsqu’un gouvernement étranger, a fortiori la République dominicaine, paraît suggérer la voie politique qu’un autre pays devrait emprunter, la limite entre coopération et ingérence s’estompe. Haïti, en tant qu’État souverain, ne saurait voir ses choix orientés, même de manière indirecte.
La solution à la crise haïtienne doit d’abord venir des Haïtiens eux-mêmes. Le dialogue national, le consensus interne et la légitimité populaire restent les seules bases durables de stabilité. Aucune déclaration extérieure ne peut remplacer la volonté du peuple.
Plus que jamais, cette conjoncture invite à un sursaut de conscience collective. Défendre la souveraineté nationale ne signifie pas refuser l’aide internationale, mais rappeler que la décision finale sur l’avenir d’Haïti appartient aux Haïtiens, et à eux seuls.
