Enquête : 50 millions pour le littoral du Cap-Haïtien… littoral toujours en ruine, mais où est passé l’argent ?

Un document officiel atteste que des dizaines de millions de gourdes ont été allouées pour l’embellissement du littoral du Cap-Haïtien. Pourtant, sur le terrain, le boulevard côtier ressemble davantage à une décharge qu’à un espace aménagé. Enquête sur un décalage troublant entre décisions administratives et réalité visible.

Une note-circulaire du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, datée du 20 novembre 2025, annonce l’allocation de 50 millions de gourdes à la Commission municipale du Cap-Haïtien.

Parmi les projets listés figure clairement l’aménagement et l’embellissement du littoral. Un financement public donc, officiellement destiné à améliorer l’un des axes les plus stratégiques de la ville.

Pourtant, plusieurs mois plus tard, le constat sur le terrain est alarmant : amas de déchets, dépotoirs sauvages, brûlage de détritus, présence d’animaux errants et risques sanitaires évidents.

Aucun signe visible de chantier structuré, d’infrastructure d’assainissement ou de projet d’embellissement à la hauteur des fonds annoncés.

Dès lors, plusieurs zones d’ombre apparaissent. Un appel d’offres a-t-il été lancé ? Si oui, quelles firmes ont été retenues ? Quel est le calendrier d’exécution des travaux ? Existe-t-il des rapports de suivi ou des décaissements déjà effectués ? À ce jour, ces informations restent difficilement accessibles au public.

Des riverains interrogés affirment n’avoir observé aucun projet d’envergure sur le littoral concerné. Certains évoquent des nettoyages ponctuels sans impact durable. D’autres parlent d’un abandon total. Cette absence de résultats visibles contraste fortement avec les montants engagés sur papier.

La question centrale demeure : les fonds ont-ils été effectivement décaissés, et pour quels résultats mesurables ? Sans transparence budgétaire ni communication institutionnelle claire, le doute s’installe et alimente les soupçons de mauvaise gestion ou de détournement.

Dans un contexte où la gouvernance locale est régulièrement critiquée, ce dossier illustre l’urgence d’une culture de reddition de comptes. L’argent public destiné à l’environnement, à la santé et à l’image urbaine ne peut disparaître dans le silence administratif. Le Cap-Haïtien mérite des réponses, des preuves et des résultats concrets. Promesse budgétaire ou argent volatilisé ?

NB : Avant la mise en ligne de cet article, notre rédaction a tenté à plusieurs reprises de contacter deux des trois membres de la commission municipale du Cap-Haïtien. Aucune réponse. Silence total. O-News 1ère reste néanmoins ouvert à publier leur version des faits, s’ils décident enfin de réagir. La transparence commence par la parole.

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