Le climat se détériore dangereusement entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et la Primature. Dans une note au ton inhabituellement ferme, l’institution électorale accuse le gouvernement d’écarter son projet de décret électoral pour lui substituer un texte élaboré sans son aval, ouvrant ainsi une nouvelle crise autour du processus électoral.
Le bras de fer est désormais public. À l’issue d’une rencontre tenue le mardi 2 juin 2026 à la Primature, les membres du CEP ont été informés de la décision du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’adopter et de publier un décret électoral qui, selon eux, est « totalement différent » du document transmis à l’Exécutif le 24 avril dernier. Une annonce qui a provoqué la vive réaction des conseillers électoraux.
Dans sa note de presse, le CEP dénonce une démarche qu’il juge contraire aux principes constitutionnels et estime que cette décision porte atteinte à son indépendance. L’institution rappelle que l’élaboration du décret électoral relève de sa compétence exclusive et considère que la Primature a outrepassé ses prérogatives en présentant un texte qui ne lui avait jamais été soumis pour validation.
Cette prise de position marque une escalade majeure des tensions entre les deux institutions à quelques mois d’échéances électorales cruciales. En contestant ouvertement l’initiative du gouvernement, le CEP envoie un message clair : il refuse d’endosser un décret qu’il ne reconnaît pas. Une confrontation institutionnelle qui pourrait raviver les inquiétudes quant à la crédibilité, à la légalité et à la transparence du futur processus électoral en Haïti.
