Trois jours sans voix après un massacre d’une brutalité extrême. Alors que Jean-Denis enterre ses morts, compte ses cendres et panse ses plaies, le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé finit par réagir. Une prise de parole tardive qui attise l’indignation et renforce le sentiment d’abandon.
Dans la nuit du 28 au 29 mars, cette localité de l’Artibonite a été plongée dans l’horreur. Plus de 70 morts, une trentaine de blessés et plus de 50 maisons réduites en cendres, selon des organisations de défense des droits humains.
Une attaque d’une violence inouïe, survenue sans intervention efficace des autorités. Tandis que les habitants fuyaient et que les corps s’entassaient, l’absence de réaction du pouvoir s’est imposée comme une faute grave.
Il aura fallu attendre le 1er avril, soit trois jours plus tard, pour que le chef du gouvernement via la Primature publie un communiqué. Condoléances, promesses de solidarité, engagements de traque : un discours déjà entendu, qui peine à convaincre. Pour beaucoup, ces mots arrivent trop tard et sonnent creux face à l’ampleur du drame.
Derrière cette communication, une interrogation persiste : où était l’État au moment critique ? Cette sortie tardive renforce l’image d’un pouvoir inactif, incapable de prévenir, de protéger et de répondre à l’urgence sécuritaire. À Jean-Denis, le choc est immense. Mais la colère, elle, ne cesse de monter.
