Historique : les « jamè dodo » d’Haïti sortent de l’ombre et lancent leur premier collectif féministe

Face à la discrimination, aux violences et à l’absence totale de protection légale, des travailleuses du sexe haïtiennes, communément appelées « jamè dodo » en Haïti, lancent le « Kolektif Feminis Makomè », le premier collectif du genre dirigé exclusivement par des travailleuses du sexe. Une initiative qui entend transformer la lutte pour la survie en combat pour la reconnaissance et la dignité.

Les travailleuses du sexe haïtiennes refusent désormais de rester invisibles. À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et travailleuses du sexe, le mardi 2 juin 2026, elles ont officiellement lancé le « Kolektif Feminis Makomè », une organisation féministe inédite en Haïti, créée, dirigée et administrée exclusivement par des travailleuses du sexe. Cette structure se veut un espace de résistance face à un système qui les expose quotidiennement à la violence, aux arrestations arbitraires et à l’exclusion sociale.

Selon Patricia Vilmont, grande conseillère du collectif, l’absence de cadre légal laisse des milliers de femmes sans protection ni recours. Souvent victimes d’abus physiques et sexuels, elles dénoncent également leur marginalisation dans l’accès aux services publics, notamment aux soins de santé, à la justice et à l’assistance sociale. « Ce n’est pas une question de morale, mais une question de droits humains », a-t-elle martelé lors du lancement officiel.

À travers le « Kolektif Feminis Makomè », ces femmes réclament bien plus qu’une simple visibilité : elles exigent une place dans les espaces où se prennent les décisions qui affectent leur vie. Le collectif lance un appel aux organisations féministes, aux défenseurs des droits humains, aux médias et aux autorités afin que les travailleuses du sexe soient enfin reconnues comme des citoyennes à part entière, porteuses de droits, de dignité et de légitimité politique.

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