Artibonite — Nuit de sang à Jean-Denis : une vingtaine de personnes tuées, l’État absent, la population livrée aux tueurs

Une nuit de sang, des familles décimées, une communauté brisée. À Jean-Denis, dans l’Artibonite, la violence des gangs atteint un nouveau sommet, exposant crûment l’effondrement de l’autorité de l’État et l’abandon des populations rurales.

La nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars, Jean-Denis, première section communale de Petite-Rivière de l’Artibonite, a basculé dans l’horreur absolue. Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées lors d’une attaque attribuée à des affrontements entre gangs armés et groupes d’autodéfense.

« Ils sont arrivés en tirant partout. Personne n’a eu le temps de fuir », témoigne un habitant, encore sous le choc, décrivant une scène de panique et de chaos, au micro de notre correspondant régional Amilca Dorcely.

Derrière ce bain de sang, les soupçons se tournent vers le groupe armé « Gran Grif » de Savien, dirigé par un chef connu sous le nom de Ti Kenken. Une attaque ciblée dans une zone déjà meurtrie, devenue un symbole de résistance, mais aussi une cible privilégiée. Dans ce territoire abandonné, les civils fuient, se terrent ou tentent de survivre, pendant que les armes dictent la loi.

Ce massacre n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’une crise profonde qui gangrène l’Artibonite. L’absence de l’État, l’impunité des groupes armés et la montée des violences plongent toute une région dans une peur permanente. À Jean-Denis, comme ailleurs, la question n’est plus de savoir si une nouvelle attaque surviendra… mais quand.

Avec Amilca Dorcely, notre correspondant dans l’Artibonite

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