Après l’attaque sanglante survenue à Seguin, dans la commune de Marigot (Sud-Est), dans la nuit du 13 au 14 avril 2026, vers 3 h 30, la Police nationale d’Haïti, comme à son habitude, se félicite d’avoir repris le contrôle. Mais pour les familles endeuillées, cette déclaration sonne comme un aveu d’échec : l’État n’était pas là quand il le fallait.
La version officielle tente de rassurer. La PNH affirme avoir sécurisé le sous-commissariat de Seguin après l’assaut. Mais sur le terrain, le constat est accablant. Au moins huit (8) morts, des policiers blessés, des motos volées, des véhicules brûlés, une génératrice emportée. Les gangs ont frappé, détruit, tué — avant que la réponse n’arrive.
Plus grave encore, l’attaque s’est déroulée sans véritable obstacle. Pendant des heures, sous la pluie, des individus lourdement armés ont opéré en toute liberté. Aucune anticipation visible, aucune présence dissuasive. La police intervient après coup, dans un scénario devenu tristement habituel : constater, puis reprendre symboliquement le contrôle.
À Seguin, comme dans d’autres zones du pays, la question n’est plus seulement celle de la réponse, mais de l’absence de prévention. Combien de morts faudra-t-il encore avant que la stratégie change ? Car, pour la population, une chose est claire : « reprendre le contrôle » après un carnage ne suffit plus.
