Après la tragédie de la Citadelle Henri ayant coûté, samedi 11 avril, la vie à au moins 30 personnes, l’arrestation du seul gardien présent sur le site soulève une onde de choc. Son tort ? Avoir brisé le silence au micro de O-News 1ère pour raconter ce qu’il a vu et vécu.
48 heures après le drame, la Police nationale dans le Nord a procédé à l’arrestation de Techelet Valmyr, seul gardien livré à lui-même face à une marée humaine de près de 20 000 personnes.
Armé d’un simple bâton, abandonné sans renfort ni dispositif digne de ce nom, le gardien de 34 ans a pourtant choisi de briser le silence, livrant un témoignage cru et accablant sur le chaos et les graves défaillances constatées. Quelques heures plus tard, le voilà fini en prison, dans le cadre de ce que le SDPJ-Nord, sous la supervision du commissaire du gouvernement du Cap-Haïtien, Eno Zéphyrin, qualifie d’« enquête en cours ».
Pendant ce temps, de lourdes zones d’ombre persistent. Selon plusieurs témoignages obtenus par O-News 1ère, la mairie de Milot ont autorisé — voire organisé — l’accès au site via la vente de bracelets à 150 gourdes. Une affluence massive, sans encadrement suffisant, qui soulève de sérieuses questions sur les responsabilités administratives et politiques dans cette tragédie annoncée.
Mais au sommet, silence et immobilisme. Le maire de Milot, Wesner Joseph, pointé du doigt par de nombreux observateurs, reste en poste, sans être inquiété. Pour beaucoup, cette arrestation ressemble à une sanction déguisée contre un homme qui a parlé à la presse. Une justice à deux vitesses, où dire la vérité expose, tandis que les décideurs restent intouchables.
