Drame de la Citadelle Henri : interdiction ignorée, le maire de Milot remet les cadavres aux familles sans examen médico-légal

Malgré des instructions claires des autorités centrales, les corps de plus de 30 victimes du drame de la Citadelle Henri ont été remis aux familles à Milot. Une décision qui provoque un choc au sommet de l’État et déclenche l’annonce de poursuites judiciaires.

Surprise et tension au sein de l’appareil étatique. Selon les informations recueillies par O-News 1ère, le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, avait explicitement demandé aux autorités départementales du Nord de prendre toutes les dispositions nécessaires pour encadrer la gestion des victimes après la tragédie du 11 avril. Dans la même ligne, la délégation départementale et les autorités judiciaires avaient formellement interdit aux instances locales, notamment aux hôpitaux de Milot, de remettre les corps sans encadrement officiel.

Mais sur le terrain, ces directives ont été ignorées. Le maire de Milot, Wasner Joseph, a autorisé — ou laissé faire — la remise des corps aux familles, en contradiction directe avec les instructions des autorités supérieures. Une décision lourde de conséquences, qui complique désormais toute tentative d’identification formelle et de documentation médico-légale des victimes.

À leur arrivée dimanche après-midi, le délégué départemental du Nord, Marc Merzius Présumé, et le commissaire du gouvernement du Cap-Haïtien, Eno Zéphyrin, n’ont trouvé aucun corps dans les morgues de la ville. Tous avaient déjà été remis aux proches. Une situation jugée « grave » par plusieurs sources judiciaires, qui y voient un acte de désobéissance administrative et une entrave potentielle à la justice.

Face à ce qu’elles qualifient de manquement majeur, les autorités départementales annoncent l’ouverture de poursuites pénales contre toute personne impliquée dans cette décision, y compris l’édile de Milot. L’objectif : établir les responsabilités dans ce nouvel épisode qui aggrave encore la gestion chaotique du drame.

Au-delà des faits, cette affaire révèle une nouvelle fois les profondes failles de coordination au sein de l’État haïtien. Entre directives nationales et pratiques locales, l’autorité se fragmente, et les décisions se contredisent, au détriment de la vérité et de la justice.

O-News 1ère continuera de suivre ce dossier.

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