Haïti — Carburant en feu : plus d’un milliard débloqué en urgence pour étouffer la colère populaire

Face à une crise sociale imminente, le pouvoir en place va injecter environ 7 milliards 400 millions de gourdes pour contenir la colère des transporteurs, des populations vulnérables et des ouvriers, tout en imposant une hausse brutale des prix du carburant. Une manœuvre à haut risque.

Selon une source de la Primature jointe par O-News 1ère, le gouvernement dirigé par le Premier ministre de facto, adoubé par les États-Unis, Alix Didier Fils-Aimé, a conclu un accord avec des syndicats de transport public. Objectif : empêcher les chauffeurs de tap-tap et de minibus de paralyser le pays. Une manœuvre de court terme qui, pour beaucoup, masque mal la profondeur de la crise.

Notre source a ajouté que, dans les camps de déplacés internes, des interventions sont envisagées pour tenter d’amortir le choc. À Port-au-Prince, les restaurants communautaires devraient passer de 48 à 100, et de 163 à 250 dans les autres villes.

Parallèlement, une aide financière est envisagée pour les ouvriers du secteur textile, avec moins de cinq versements de 5 000 gourdes, soit 25 000 gourdes au total. Des mesures jugées insuffisantes face à l’ampleur de la détresse.

Mais le coup de massue reste la nouvelle grille tarifaire du carburant, effective dès le jeudi 2 avril : 725 gourdes pour la gazoline, 850 pour le diesel, 845 pour le kérosène. Une décision validée au sommet de l’État, malgré une population déjà étranglée. Une chose est sûre : survivre coûtera désormais encore plus cher.

Entre calcul politique et pression populaire, le pays avance sur une ligne de crête. Car si les routes restent fermées aujourd’hui, la colère, elle, couve. Et dans une Haïti à bout de souffle, chaque hausse, chaque décision imposée peut devenir l’étincelle de trop.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *