Après 31 ans à faire vibrer la radio francophone, Claudy Siar brise le silence et rejette en bloc la version officielle de RFI. Entre bras de fer juridique, message d’apaisement et charge politique frontale, l’animateur livre une prise de parole forte, à la hauteur de son engagement.
Vendredi 27 mars 2026, la Radio France Internationale annonce mettre fin à sa collaboration avec Claudy Siar, figure emblématique de « Couleurs Tropicales » depuis 1995. Une décision brutale, ressentie comme un séisme chez les auditeurs, notamment en Haïti. Mais très vite, en réponse, l’animateur contre-attaque dans une vidéo de plus de trois minutes, affirmant que le communiqué diffusé « ne reflète en rien la réalité ».
Vêtu d’un jogging noir frappé du message « Ne jamais m’excuser d’être noir », Claudy Siar affiche un calme déterminé. Il révèle des négociations en cours entre avocats, rejette toute idée de départ volontaire et revendique la légitimité de son combat. « Trente et un ans à RFI, ça ne s’efface pas », lance-t-il, saluant au passage toute une équipe visibles et invisibles qu’il décrit comme une véritable famille et qui ont façonné l’émission.
Mais au-delà du conflit contractuel, le journaliste va plus loin : il accuse un climat de « droitisation extrême » en France, où les voix engagées, panafricanistes et antiracistes sont, selon lui, progressivement marginalisées. Une déclaration lourde de sens qui dépasse le simple cadre médiatique et interroge sur la place des voix dissidentes.
Déterminé, Claudy Siar refuse de plier. « On peut mettre fin à mes contrats, jamais à mes combats », martèle-t-il, promettant de poursuivre son engagement contre les injustices et les discriminations. Porté par une vague de soutien massive, il incarne désormais bien plus qu’une voix radiophonique : un symbole de résistance, dont l’écho dépasse déjà les frontières de « Couleurs Tropicales ».

