À contre-courant des discours alarmistes, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Patrick Pierre-Louis, remet les pendules à l’heure : la Constitution n’est pas le problème. C’est son non-respect qui fragilise l’État.
Intervenant le vendredi 27 mars lors d’une causerie à l’Université Quisqueya, en prélude aux 39 ans de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987, Me Patrick Pierre-Louis a fermement rejeté l’idée selon laquelle la loi mère serait une source d’instabilité. Pour lui, ce procès est non seulement infondé, mais aussi dangereux, car il détourne l’attention des véritables manquements : l’application partielle et souvent biaisée du texte constitutionnel.
Le bâtonnier de la capitale haïtienne a insisté sur un point crucial : la Constitution haïtienne n’a jamais été pleinement mise en œuvre. Dans ces conditions, comment accuser un texte de défaillance alors même qu’il n’est pas respecté dans son intégralité ? Une question qui, selon lui, devrait interpeller autant les décideurs que les citoyens, à l’heure où les institutions peinent à inspirer confiance.
Me Pierre-Louis a, enfin, rappelé avec force que la modification de la Constitution obéit à des règles strictes. Complexe et encadrée, cette procédure vise à protéger l’équilibre démocratique. « On ne change pas une Constitution au gré des intérêts du moment », a-t-il martelé, appelant à la rigueur, à la responsabilité et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit.
