À Springfield, dans l’État de l’Ohio, des centaines d’Haïtiens ayant bénéficié du Statut de protection temporaire (TPS) reçoivent des convocations les obligeant à se présenter devant les autorités migratoires américaines. Plusieurs ressortent des bureaux de l’ICE munis d’un bracelet électronique à la cheville, une mesure qui suscite indignation et inquiétude au sein de la communauté haïtienne.
À Springfield, la fin du TPS prend un visage de plus en plus répressif. Selon des responsables communautaires, des centaines d’Haïtiens ont reçu des lettres du Département de la Sécurité intérieure (DHS) leur ordonnant de se présenter dans un bureau de l’ICE à Cincinnati avec leurs documents d’immigration. D’après James Fleurijean, du Haitian Community Help & Support Center, plusieurs en ressortent avec un bracelet électronique à la cheville et une convocation devant un tribunal de l’immigration.
Une profonde humiliation pour des hommes et des femmes qui ont fui l’effondrement sécuritaire et économique de leur pays, une crise dont certains attribuent en partie la responsabilité à la politique de Washington. Venus chercher refuge aux États-Unis, ils se retrouvent aujourd’hui traités comme des délinquants dangereux, alors qu’ils ne sont accusés d’aucun crime. L’obligation de porter un bracelet électronique renforce, selon eux, une image de criminalité qui ne correspond pas à leur réalité.
Les organisations de défense des migrants affirment recevoir un nombre croissant d’appels de personnes paniquées après avoir reçu ces convocations. Selon Viles Dorsainvil, toute personne qui ne s’y présente pas s’expose à une procédure d’expulsion. Face à cette situation, les associations redoutent une intensification des opérations de l’ICE dans les communautés haïtiennes, notamment à Springfield et dans le comté de Miami-Dade.
Pour les défenseurs des droits des immigrés, ces mesures soulèvent une question fondamentale : faut-il traiter comme des criminels des personnes qui ont fui un pays en proie à la violence des gangs, à l’effondrement de l’État et à une crise humanitaire sans précédent ? Ils rappellent que, pour beaucoup de ces Haïtiens, un retour forcé signifierait retrouver un pays où leur sécurité, leur avenir et parfois même leur vie demeurent gravement menacés.
