Avec « Deplase la », sorti le 21 juillet 2026, Toby Anbakè ne se contente pas de répondre à Fantom. Il livre une véritable démonstration de rap. Le jeune artiste capois dégaine un flow d’une rare intensité, des punchlines dévastatrices et une plume aiguisée pour défendre sa ville natale et remettre en question le statut de celui qui s’autoproclame « papa rap la ».
C’est une véritable déclaration de guerre artistique. Dans « Deplase la », Toby Anbakè transforme chaque mesure en une flèche. Il y déploie un arsenal lyrique d’une remarquable précision. Dès les premières mesures, le « love rapper » impose son rythme, étouffe son adversaire sous une avalanche de rimes ciselées et fait étalage d’une technique qui rappelle que le rap est avant tout un art de la plume. Un art qui ne se proclame pas, mais qui se prouve.
Installé aujourd’hui aux États-Unis, le jeune rappeur capois démontre que l’exil n’a en rien entamé son inspiration. Son flow est plus explosif, son écriture plus tranchante et son identité artistique plus affirmée que jamais. Chaque ligne frappe comme un coup de marteau, chaque punchline résonne comme une sentence, confirmant qu’il demeure l’une des plumes les plus affûtées de sa génération.
Au cœur de cette offensive, Toby Anbakè ravive un épisode qui continue de marquer les mémoires : les critiques jadis formulées par Fantom contre les habitants du Cap-Haïtien, avant que ce dernier ne revienne y donner un spectacle : « Nèg Okap yo toujou anlè. Yo toujou sou moun ». Avec une habileté remarquable, le jeune rappeur retourne cette contradiction contre son rival et fait de sa ville natale le symbole de sa fierté. Sans détour, il affirme qu’il n’a peur du nom de Fantom et qu’il est prêt à l’affronter partout où le terrain sera celui du rap, sur scène comme ailleurs, si son adversaire décide de relever le défi.
Au-delà du clash, « Deplase la » s’impose comme une véritable démonstration artistique. Toby Anbakè y prouve que le rap est d’abord une question de créativité, d’identité et de maîtrise de la langue. À travers cette œuvre, il rappelle qu’un grand rappeur ne se définit pas par le titre qu’il s’attribue, mais par sa capacité à faire vibrer les mots, à imposer son univers et à laisser son empreinte.
