Le transfert de la majorité des policiers affectés au commissariat de Delmas, sur fond de soupçons d’implication dans des kidnappings, suscite une vive colère. Un agent concerné, interrogé par O-News 1ère, dénonce une « humiliation » et affirme qu’il préférerait se suicider plutôt que d’accepter d’être déplacé dans de telles conditions.
La décision de transférer la majorité des policiers affectés au commissariat de Delmas vers d’autres régions du pays provoque de fortes tensions dans les rangs. Un policier concerné, qui s’est confié à O-News 1ère sous couvert d’anonymat, refuse d’être assimilé à un kidnappeur en raison de simples soupçons pesant sur certains agents. « Nous ne sommes pas tous des kidnappeurs », insiste-t-il, affirmant qu’il préférerait « se suicider » plutôt que de quitter le commissariat dans des conditions qu’il juge humiliantes.
Selon cet agent, le haut commandement de la Police nationale d’Haïti connaît parfaitement les véritables problèmes qui rongent l’institution. Il affirme avoir connaissance de hauts gradés qui seraient, directement ou par l’intermédiaire de proches et de concubines, impliqués, selon lui, dans des activités criminelles. Des accusations particulièrement graves que O-News 1ère n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante. Le policier estime que certains responsables chercheraient plutôt à faire porter aux jeunes agents de terrain la responsabilité de dérives dont les ramifications remonteraient beaucoup plus haut dans la hiérarchie.
Le policier redoute également que cette décision ne transforme les agents transférés en cibles dans leurs nouvelles zones d’affectation. « Être transférés après avoir été présentés comme des policiers soupçonnés d’implication dans des kidnappings pourrait pousser certaines populations à nous considérer automatiquement comme des criminels », a-t-il déclaré. Dans un contexte d’insécurité généralisée et de profonde méfiance envers les forces de l’ordre, il craint ainsi que certains policiers soient attaqués, voire victimes du phénomène communément appelé en Haïti « Bwa Kale ».
Face à cette situation, l’agent III appelle le SPNH-17 à intervenir pour défendre les droits, la sécurité et la dignité des policiers concernés. Pour lui, il n’est pas question de quitter le commissariat de Delmas sous le poids d’une accusation collective aussi grave sans que les responsabilités individuelles aient été clairement établies. Ses propos particulièrement alarmants témoignent de la profondeur du malaise et de la colère provoqués par cette décision au sein des policiers concernés.
