Blessé par balle lors de l’attaque sanglante contre l’HUEH le 24 décembre 2024, le journaliste Jocelyn Justin continue de souffrir à Cuba pendant qu’une opération cruciale reste bloquée pour 1 300 dollars. Le ministre de la Santé, Dr Bertrand Sinal, est aujourd’hui accusé d’abandonner un journaliste que son propre ministère avait invité à couvrir la réouverture de l’hôpital.
Pendant que des millions disparaissent dans les couloirs d’un État gangrené par le gaspillage, les privilèges et l’irresponsabilité, le pouvoir haïtien se montre incapable de trouver 1 300 dollars pour permettre à un journaliste mutilé par balle de poursuivre son traitement à Cuba. Cette affaire, devenue un symbole brutal de l’effondrement moral des autorités, éclabousse directement le ministre de la Santé, Dr Bertrand Sinal, accusé de détourner le regard face au calvaire d’un homme grièvement blessé dans l’exercice de sa profession.
Mais au-delà du scandale financier, c’est surtout l’attitude dénoncée par Jocelyn Justin qui choque l’opinion. Selon le journaliste, ses appels à l’aide et ses interventions médiatiques pour réclamer le respect des engagements de l’État auraient irrité le ministre Bertrand Sinal, qui aurait cessé de répondre à ses messages tout en lui reprochant publiquement sa démarche. Une accusation accablante contre un ministre censé protéger des vies humaines, et non abandonner dans la douleur un professionnel portant encore les cicatrices d’une tragédie nationale.
Le plus révoltant dans cette affaire reste peut-être ce détail devenu explosif : Jocelyn Justin se trouvait à l’HUEH le 24 décembre 2024 à l’invitation même du ministère dirigé aujourd’hui par le Dr Bertrand Sinal lorsqu’il a été atteint par balle lors de cette attaque meurtrière.
Aujourd’hui, pendant que le journaliste lutte loin de son pays pour reconstruire son visage et sa dignité, le ministère de la Santé offre l’image glaçante d’un pouvoir sans compassion, capable de laisser une victime sombrer pour 1 300 dollars. Pour de nombreux citoyens, ce dossier dépasse désormais la simple négligence administrative : il incarne la faillite humaine d’un État qui abandonne ceux qu’il a lui-même exposés au danger.
