« Ils voulaient me tuer » : le photojournaliste Odlyn Joseph raconte à O-News 1ère comment il a échappé à la mort à Kenscoff

Coups de poing, passage à tabac, poursuite et jets de pierres. Dans un témoignage exclusif accordé à O-News 1ère, le photojournaliste de l’Associated Press (AP), Odlyn Joseph, raconte les scènes de violence dont il a été victime mercredi 2 septembre 2026, au cimetière de Kenscoff, après les funérailles de cinq victimes du massacre survenu dans la nuit du 23 au 24 août.

Odlyn Joseph explique être arrivé dans l’enceinte de l’église avec plusieurs confrères dès 7 heures du matin pour couvrir les funérailles de cinq victimes du massacre de Kenscoff, qui a fait au moins 47 morts selon le bilan rapporté jusqu’ici. La cérémonie s’est achevée aux environs de midi. C’est à ce moment, au cimetière, selon son témoignage recueilli par O-News 1ère, qu’un groupe de personnes se présentant comme des proches de l’une des victimes a commencé à s’en prendre aux journalistes présents. Des accusations ont été lancées contre les journalistes, certains étant présentés comme des « bandits » responsables, selon ces personnes, des violences et des assassinats commis dans le pays.

La situation a rapidement dégénéré. Odlyn Joseph affirme avoir été violemment agressé, frappé à coups de poing au ventre, au dos et à la tête, tandis que son matériel professionnel était jeté par terre. Pour tenter d’échapper à ses agresseurs, le photojournaliste dit avoir pris la fuite en escaladant une clôture en blocs de béton. Mais ses poursuivants l’ont rattrapé, tiré au sol et continué à le rouer de coups.

Le photojournaliste affirme également que certains individus ont tenté de le lapider en lui lançant des pierres, dont certaines particulièrement grosses ont été projetées en direction de sa tête. Selon son récit, ce sont des collègues qui sont finalement parvenus à l’arracher aux mains de ses agresseurs. Des brigades de surveillance présentes sur les lieux ont, elles aussi, dû effectuer plusieurs tirs de sommation afin de disperser la foule et permettre son évacuation.

Après cette agression, Odlyn Joseph indique s’être rendu à l’hôpital jeudi 3 septembre pour subir des examens médicaux, en raison de fortes douleurs persistantes au dos et à l’abdomen. Il annonce également son intention d’engager des démarches judiciaires et de porter plainte contre ses agresseurs, même s’il reconnaît ne pas avoir été en mesure d’identifier précisément toutes les personnes impliquées. L’agression n’a d’ailleurs pas concerné uniquement le photojournaliste de l’AP : plusieurs autres professionnels des médias ont également été pris pour cible, notamment Clarens Siffroy, de l’AFP, et Jonès Saint-Eloi, de l’EFE.

À travers son témoignage exclusif à O-News 1ère, Odlyn Joseph lance enfin un message à la population : les journalistes ne sont pas les ennemis des victimes et ne doivent pas être transformés en boucs émissaires de la crise sécuritaire. Leur présence sur le terrain, rappelle-t-il, répond à une mission : informer, documenter et témoigner de la réalité vécue par la population. Dans un contexte marqué par la colère, le traumatisme et l’horreur du massacre de Kenscoff, le photojournaliste appelle ainsi à ne pas confondre ceux qui couvrent les événements avec ceux qui les provoquent.

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