Pierre Damas Bel, 20 ans, un jeune Haïtien arrivé aux États-Unis en 2024 pour rejoindre ses parents et poursuivre ses études, est mort lundi 31 août dans l’Ohio après avoir été percuté par un semi-remorque. Derrière ce drame, son père raconte une succession d’épisodes d’humiliation que son fils aurait vécus en raison du bracelet électronique qu’il portait à la cheville.
Pierre Damas Bel venait de commencer ses études à Wright State University, où il souhaitait étudier les neurosciences et poursuivre sa passion pour le football. Selon son père, le jeune homme vivait particulièrement mal le port de ce bracelet électronique et aurait demandé à plusieurs reprises aux autorités de retirer le dispositif.
Dans sa déclaration manuscrite, le père raconte notamment un épisode qui aurait profondément marqué son fils : « Tous mes camarades de classe ont reçu leur uniforme à JROTC, sauf moi, à cause du bracelet », lui aurait confié le jeune homme le 28 août. Il se serait également plaint des moqueries de certains camarades, qui le traitaient de « criminel ». Le Junior Reserve Officers’ Training Corps (JROTC) est un programme qui offre une formation militaire et au leadership dans les lycées américains.
Le drame est survenu dans la matinée du lundi 31 août sur l’Interstate 70, près de Springfield. Selon la police de l’État de l’Ohio, Bel avait stationné sa voiture sur l’accotement avant de sortir de son véhicule et de marcher sur les voies de circulation, où il a été percuté par un semi-remorque. Son père affirme avoir reçu un appel vidéo de son fils à 8 h 03. Le jeune homme lui aurait alors dit qu’il ne se sentait pas bien mentalement en raison notamment des problèmes auxquels il était confronté. Quelques heures plus tard, la police s’est présentée au domicile familial pour annoncer sa mort. Sa famille considère son décès comme un suicide, mais les circonstances exactes de sa mort font toujours l’objet d’une enquête.
La mort de Pierre Damas Bel intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la communauté haïtienne de l’Ohio. Après la fin du Temporary Protected Status (TPS) pour les Haïtiens, certains ressortissants ont été placés sous surveillance électronique. Bel lui-même avait écrit, le 30 juillet, qu’il était venu aux États-Unis pour étudier, construire son avenir et vivre une meilleure vie, mais qu’il ressentait désormais « honte et humiliation » en raison du GPS fixé à sa cheville. À Wright State University, la présidente Sue Edwards a déclaré que l’établissement était profondément attristé par cette disparition et a présenté ses condoléances à la famille.
