Des vivres fournis par l’État pour nourrir les brigadiers de l’autodéfense sont détournés par certains d’entre eux pour nourrir des membres de gangs à Kenscoff, selon une source généralement bien informée, jointe par O-News 1ère.
À Kenscoff, certains membres du système d’autodéfense utilisent des vivres de l’État à une tout autre fin que celle prévue. Selon notre source, ces vivres sont destinés aux brigadiers engagés dans le dispositif d’autodéfense afin d’assurer leur alimentation sur le terrain.
Mais, à plusieurs reprises, certains brigadiers prennent des motos et se rendent à la mairie de la zone pour récupérer ces vivres. Une partie de la nourriture qui leur est destinée est ensuite utilisée pour nourrir des membres de gangs présents dans la localité. Notre contact décrit une pratique qui se répète et qui implique directement certains membres du système d’autodéfense.
La même source révèle que les brigadiers bénéficient d’un encadrement des autorités étatiques. Ils sont formés et instruits par la Police nationale d’Haïti (PNH), tandis que leur rémunération est assurée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Les autorités fournissent également des armes aux membres de ces brigades, selon notre source.
Ces révélations mettent en lumière une situation pour le moins troublante à Kenscoff : des ressources publiques destinées à soutenir un dispositif présenté comme un rempart contre les groupes armés servent, selon notre informateur, à nourrir certains de ces mêmes groupes. Cette situation soulève de sérieuses questions sur le contrôle exercé par les autorités sur les brigadiers, ainsi que sur la gestion des ressources mobilisées dans le cadre de l’autodéfense.
