Deux semaines avant le carnage de Kenscoff, un responsable de la PNH aurait averti des membres de la société civile que la situation qui se préparait dans la zone serait « pire que Robin ». Des propos qui soulèvent de graves interrogations sur l’anticipation de la menace.
Louisiace Caroline Zulmé, CASEC de la 2e section communale Bongard, à Kenscoff, a déclaré à O-News 1ère, mardi 25 août 2026, que lors d’une rencontre tenue le mercredi 12 août entre des membres de la société civile et l’inspecteur divisionnaire Nickenson Cadet, responsable du commissariat de Kenscoff, ce dernier leur aurait affirmé que ce qui allait se produire à Kenscoff serait « pire que Robin », située dans la 5e section communale Grand-Fond. Entre le 4 et le 9 juillet, la communauté avait été durement frappée par une série d’attaques attribuées au gang de Village-de-Dieu. Selon un rapport de l’ONU, cette attaque a fait au moins 61 morts, dont 14 enfants.
D’après la CASEC, les bandits avaient annoncé leur volonté de « prendre le commissariat de Kenscoff », situé au centre-ville. Face à l’échec de leurs premières tentatives, ils auraient toutefois changé de stratégie. « Ces derniers jours, ils ne cessent de faire des va-et-vient dans les sections communales », explique-t-elle, évoquant des mouvements observés depuis la commune de Carrefour, notamment en passant par « Klemanso », ainsi que des déplacements effectués à bord de véhicules ou de motos. Ces éléments, rapportés par une responsable locale, témoignent d’une menace qui se rapprochait progressivement du centre-ville de Kenscoff.
Ces déclarations interviennent alors que Kenscoff vient d’être frappé par un carnage meurtrier dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026. Des familles ont été décimées et des habitants traumatisés, tandis que les autorités sont désormais confrontées à une question centrale : si une alerte aussi grave avait été formulée avant le drame, pourquoi aucune réponse sécuritaire à la hauteur de la menace n’a-t-elle été mise en place ?
