Kenscoff : après le massacre, plus de 80 otages menacés d’exécution, dont des enfants

À peine le sang versé dans les rues de Kenscoff a-t-il commencé à sécher qu’une nouvelle menace vient assombrir davantage le drame. Plus de 80 personnes retenues en otage sont menacées d’exécution par les gangs envahisseurs. Parmi elles figurent des paysans, des femmes et au moins trois enfants en bas âge.

Dans une vidéo de propagande devenue virale sur les réseaux sociaux, un individu présenté comme « Izo numéro 2 », un talkie-walkie à la main, communique avec ses hommes et adresse un avertissement glaçant à la Police nationale d’Haïti (PNH). Il menace de faire exécuter les otages en cas d’attaque contre leurs positions, notamment lors d’opérations policières ou d’attaques de drones. Selon le message diffusé, tout membre de leurs troupes blessé pourrait entraîner des représailles contre ces civils retenus en captivité.

Vingt-quatre heures après le massacre de Kenscoff, ces innocents sont ainsi transformés en boucliers humains dans une guerre qu’ils n’ont jamais choisie. Ils ne sont ni des combattants ni des membres de groupes armés : ce sont de simples citoyens, de petits paysans, des femmes et surtout de tout jeunes enfants, pris au piège entre les mains de leurs ravisseurs. Ces enfants auraient dû être dans les bras de leurs parents, dans leurs maisons, à l’abri. Les voilà désormais exposés à une menace qui pourrait leur coûter la vie.

Derrière chacun de ces otages, il y a un visage, une mère, un père, des frères, des sœurs, une famille qui attend. Leur sort est aujourd’hui suspendu aux décisions de leurs ravisseurs, tandis que la population de Kenscoff, déjà traumatisée par le carnage, reste plongée dans la peur et le deuil. Après les morts, ce sont désormais des dizaines de vies innocentes qui tremblent sous la menace d’une exécution.

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