Déplacée par la violence des gangs, privée de son foyer et déjà meurtrie par la perte de son mari, Marie Ange François vit aujourd’hui le pire cauchemar d’une mère : sa fille, partie étudier en Russie, est emprisonnée depuis des mois, sans qu’elle ne sache dans quel état elle se trouve.
Marie Ange François ne possède presque plus rien. Chassée de sa maison à Pernier par le gang de Vitelhomme, elle n’a pu sauver qu’une vieille photographie de sa fille, Slanda François. Sur ce cliché, la jeune femme affiche un sourire radieux, vêtue de sa toge de diplômée de la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti, après avoir également obtenu son diplôme de l’École hôtelière d’Haïti. Aujourd’hui, cette image est tout ce qu’il reste à une mère qui ignore si son enfant est encore en vie.
Partie en Russie pour poursuivre ses études, Slanda François, 31 ans, aurait été confrontée à des problèmes d’immigration alors qu’elle souffrait d’une grave crise psychotique. Elle a été incarcérée et le silence s’est installé. Depuis novembre 2025, sa mère n’a reçu aucune nouvelle d’elle. Les informations obtenues auprès de proches indiquent qu’un avocat est indispensable pour pouvoir la rencontrer en prison. Pendant ce temps, les démarches entreprises pour obtenir son retour en Haïti n’ont toujours pas abouti.
Après avoir perdu son mari dans le séisme du 12 janvier 2010, Marie Ange François refuse de perdre aussi sa fille dans l’indifférence. Sans moyens, déplacée et épuisée par les épreuves, elle lance un appel bouleversant aux autorités haïtiennes, aux organisations humanitaires et à la diaspora. Son seul souhait est de pouvoir serrer une nouvelle fois Slanda dans ses bras. « Aidez-moi, s’il vous plaît », supplie-t-elle, avec l’espoir que son cri de détresse traverse enfin les frontières.
